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Sauvons le lycée Le Bréda : engage l’ouverture officielle des mobilisations 2026

Allevard (Isère) – Depuis près de deux mois, élèves, enseignants & personnels, familles et élus se mobilisent contre la fermeture annoncée du lycée professionnel Le Bréda.
Décision du groupe CREEFI, largement décrié depuis le début.

Depuis trente ans, le lycée Le Bréda joue un rôle essentiel dans la formation de jeunes souvent en difficulté scolaire ou sociale. Pour la communauté éducative, une chose est claire : fermer Le Bréda, ce serait priver le territoire d’un outil éducatif indispensable.

Le 26 novembre dernier, la nouvelle est tombée sans ménagement : le lycée des métiers Le Bréda, géré par l’association CREEFI, pourrait fermer ses portes à la fin de l’année scolaire 2025-2026.
Un choc pour un établissement implanté à Allevard depuis 1994, profondément ancré dans le territoire du Haut-Grésivaudan.

« C’est une catastrophe pour les jeunes scolarisés ici », dénoncent le collectif Sauvons le lycée Le Bréda et les professionnels de l’enseignement, pointant une décision prise sans réelle concertation, ni avec les équipes, ni avec le territoire.

Des arguments financiers… mais une vision à court terme

Dans un communiqué publié le 9 décembre, l’association CREEFI évoque des difficultés financières générales, sans fournir de chiffres détaillés : inflation, hausse des coûts de l’énergie, baisse démographique

Ce n’est que plusieurs semaines plus tard que des éléments chiffrés apparaissent dans la presse. Le lycée Le Bréda afficherait un déficit cumulé de plus d’un million d’euros sur dix ans, devenant, selon l’association, le plus fragile des trois établissements qu’elle gère, aux côtés d’ISER-Bordier (Grenoble) et de Les Gorges (Coublevie).

Dans ce contexte, la solution avancée consiste à regrouper les formations sur les sites les plus importants et les plus accessibles.

De fait, le lycée Le Bréda, le plus petit, le plus isolé géographiquement, situé au cœur du massif, apparaît comme la cible la plus simple pour absorber les conséquences d’une gestion financière globale déficiente.
Une logique comptable qui fait d’Allevard une variable d’ajustement, au détriment des élèves, des familles et d’un territoire déjà fragile.

Une mobilisation inédite dans le Grésivaudan

La réponse locale a été immédiate et massive.
Le collectif Sauvons le lycée Le Bréda s’est structuré en quelques jours, organisant :

  • rassemblements,
  • conférences de presse,
  • occupation symbolique du lycée,
  • actions virales sur les réseaux sociaux.

Le calendrier de l’Avent diffusé par les élèves a touché des centaines de milliers de personnes : certaines vidéos dépassent les 700 000 vues a ce jour.
La pétition lancée par la maire d’Allevard, Chrystelle Mégret, a déjà recueilli près de 5 700 signatures.

Le 15 décembre, la Communauté de communes Le Grésivaudan a voté une motion de soutien officielle, demandant la suspension immédiate du projet et l’ouverture d’une vraie concertation.
Son président, Henri Baile, rappelle un fait essentiel :

Le lycée Le Bréda est la seule structure professionnelle entre Chambéry et Grenoble formant aux métiers des services à la personne et de l’hôtellerie, accueillant des jeunes souvent en difficulté scolaire ou sociale.

CSE extraordinaire : une étape décisive… mais encore floue

Après l’annulation de l’assemblée générale du CREEFI du 16 décembre pour vice de procédure, tous les regards se tournent vers le CSE extraordinaire du 15 janvier 2026.

Ce comité est juridiquement indispensable avant toute décision définitive.
Il ouvre une période de deux mois durant laquelle devront être analysées les conséquences sociales, éducatives et territoriales d’une éventuelle fermeture, alors qu’un audit financier indépendant a été demandé par les élus.

Malgré l’incertitude, le lycée continue de fonctionner normalement.
Dans un courrier adressé aux familles, l’équipe pédagogique tente de rassurer :

« Nous restons pleinement mobilisés pour nos élèves. »

🚴‍♂️ 46 km pour dire NON : le “Bréda Bike & Run” du 21 janvier 2026

Pour rendre visible l’absurdité du projet, encore une fois, le collectif lance une action forte : le Breda Run, du 21 janvier 2026 :

👉 46 kilomètres à pied ou à vélo, entre le lycée Le Bréda et ISER-Bordier à Grenoble.

Pourquoi 46 km ?
Parce que c’est la distance que les élèves devraient parcourir chaque jour, matin et soir, si leur lycée venait à fermer.

L’ensemble des enseignants et du personnels sont déjà engagés avec l’aide des familles et des élus.

« Nous ne défendons pas seulement un établissement.
Nous défendons l’accès à l’éducation, l’égalité des chances et l’avenir de jeunes déjà fragilisés. »

Fermer un lycée, est-ce vraiment “gérer” ?

Derrière les chiffres, il y a des jeunes, des familles, un territoire de montagne déjà fragile.
Fermer Le Bréda, ce n’est pas “rationaliser”, c’est abandonner.

Le message est clair, constant, déterminé :

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